Table ronde pour CENTRAIDER

Christina Goh animait la table ronde “Voix de femmes : quelles réalités africaines pour quel état du monde” le 30 novembre 2021 à l’occasion des 20 ans + 1 de l’organisme régional de coopération internationale du Centre Val de Loire France. Pour cette édition particulière, l’évènement était co-organisé avec le Festival international Plumes d’Afrique.

Mettre en avant des voix de femmes et décrire la réalité du quotidien et du terrain sur le continent africain, loin des fantasmes.


Originaires du continent ou passionnés, ils sont nombreux à vouloir s’engager en Afrique. La table ronde se propose de présenter et de débattre des perspectives, mais du point de vue des femmes, de percevoir autrement la réalité du terrain.
Une conférence débat en arts croisés et sociétés répondant à la déclaration de Dar Es Salam (Tanzanie) de 2018 sur la thématique « Femmes et Développement Durable » de la NASAC (Network of African Science Academies).

Arts croisés : trois artistes et une journaliste et entrepreneure portaient ces voix en présentiel mais aussi en distanciel depuis l’Afrique du Sud et l’Algérie.

  • Aminata Ouattarafondatrice de l’Association Filles à l’Ecole et Solidarité- AFAES France / Cote d’Ivoire
  • Vénicia Guinot, initiatrice du Tropics Business Summit, Prix British awards for african development (BRAAD), dans la catégorie Meilleur développement social et entrepreneur média (Afrique du Sud / Congo)
  • Tawfiq Belfadel, poète primé, enseignant en zone rurale et initiateur du magazine littéraire Lectures – Mondes (Algérie)
  • Valérie Oka, 1er Prix de l’Union Européenne à la Biennale de Dakar, nommée en mars 2018 parmi les 30 femmes les plus influentes de Côte d’Ivoire, artiste et engagée sur le terrain associatif, notamment auprès des victimes de guerre.
    (Excusée).

Des invités actifs et la réalité du terrain.

Discrets mais combien actifs.
Engagés pour l’autre, amoureux de la terre africaine et ses 54 pays, ils se font l’écho de voix souvent peu entendues. Aminata Ouattara que l’excellent niveau scolaire, la mère et la conciliation d’enseignants sauva du mariage forcé, devenue juriste et ingénieure sociale et qui se bat pour l’équilibre tradition – scolarisation des fillettes dans le nord de la Côte d’Ivoire ; Tawfiq Belfadel, poète, chroniqueur et enseignant qui rend hommage aux anciens (“Ma grand-mère est une île”) tout en œuvrant pour témoigner de l’urgence de saisir la complexité et la subtilité des cultures au 21ème siècle en Afrique du Nord ; enfin Vénicia Guinot, qui a connu la guerre mais a retiré de l’épreuve et des témoignages de sa mère engagée et de ces pairs, la force pour travailler à la coopération sud-sud.

Un message de Valérie Oka écrit depuis la Côte d’Ivoire spécifiquement pour la table ronde “Voix de femmes : quelles réalités africaines pour quel état du monde ?”

Nous sommes dans un monde fragile dans lequel la femme africaine a du mal à protéger sa face.
Fragile, nous sommes au quotidien dans nos états d’existence.
Fragile, nous sommes face au poids des coups trop souvent portés pour nous rabaisser.
Fragile est le lien qui nous maintient en vie. Fragile est l’humain dans sa plus petite expression. Fragile est la société face à ceux qui la gouvernent, fragile est l’équilibre entre le rien et le tout, entre la femme et l’homme, entre l’influence politique et son rôle social, entre la force et la faiblesse.
Le monde actuel est fragile. Cette réalité n’est pas seulement en Afrique. La fragilité n’a pas de visage, pas de nationalité, pas de frontières, elle nous appartient à toutes comme une matrice émotionnelle et sensorielle qui nous unis. Fragile est le changement et le rapport entre humain. Fragile est le temps.
Finalement, j’ai observé dans ma vie que, le seul moyen, le seul chemin pour être heureux et inviter l’autre à l’être est de faire la paix avec sa propre fragilité. Accepter sa propre fragilité rend plus fort, dans l’état actuel du monde. Plus fort pour parler, pour dire, je n’accepte plus ça et agir. C’est ce que nous faisons tous autour de cette table ronde.


Je m’appelle Valérie Oka, je suis femme, africaine, artiste. Je suis fragile. J’ai décidé d’en faire une force et amener d’autres femmes dans la réalité de ce monde fragile, à trouver en elle cette force qui ouvre les portes du monde du possible.

Valérie Oka, 30 novembre 2021

Merci à ces invités engagés d’avoir pris le temps de préparer et d’intervenir dans cette conférence. Merci à CENTRAIDER et au festival Plumes d’Afrique pour l’organisation et cette plateforme d’échanges.

Lien utile
L’article dédié à la journée dédiée sur le site officiel de CENTRAIDER Centre-Val de Loire France.
Le podcast (interview sur la conférence) sur Radio Campus Tours, présent sur le site de l’événement

Share This: